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Les restaurateurs gardent espoir

publié le 05/07/2013
Source : Journal l'hebdo du vendredi

Il y a plusieurs mois, place Foch, la pizzeria Le 141 rendait son tablier. Personne n'a repris la boutique depuis. Même chose pour l'Atelier des Crêpes, plus récemment, place de la République. Une cellule vide de plus, et de quoi ajouter à l'aspect tristounet du coeur de ville. Le tribunal de commerce fait aussi état, publiquement, de placements en redressement judiciaire. Sans aller dans le détail, par respect pour les commerçants concernés, ces périodes probatoires offrent, comme leur nom l'indique, une occasion de redresser la barre. Une sorte de tremplin, pour repartir du bon pied.

Le stationnement, éternel décrié

En discutant avec les restaurateurs et les cafetiers du centre, on s'aperçoit que, malgré tout, ils restent globalement positifs et espèrent un avenir plus radieux. Tout en pointant du doigt quelques bémols, la politique de stationnement en tête et « ses contractuels trop à cheval sur les verbalisations. Il arrive que des clients ne prennent pas le temps d'un dessert, par peur de retrouver un papillon sur leur voiture. Vous avouerez tout de même ! » Effectivement, il faut bien l'avouer, très peu de chances d'échapper au PV lorsqu'on oublie d'honorer le parcmètre. Les places de parking ne manquent pourtant pas, qu'il s'agisse de la Galerie de l'Hôtel de Ville (gratuit la première heure, voire la deuxième pour 30 euros d'achats chez Simply Market), des jards (un peu plus loin mais entièrement gratuit), ou encore de la place de la République (plus près mais entièrement payant). Des stationnements supplémentaires viennent aussi de rejoindre la rue de la Marne. « Mais on paie son parking aussi cher que son café. Ça n'incite pas à venir en centre-ville, regrette Patricia Dommange, gérante de la brasserie La Bourse. Pourquoi ne pas mettre en place un système de disque ? Une chose est sûre, il faut arrêter de toujours dire que tout va mal. Les gens vont finir par vraiment le penser. Ça pourrait être bien pire, il faut rester combattif ! »

Pouvoir d'achat et météo

Evidemment, la crise économique et la baisse du pouvoir d'achat arrivent au top des explications de ceux qui voient leur fréquentation diminuer. Suivies de très près par l'envolée du prix des matières premières. Puis des caprices de la météo, particulièrement cruelle cette année. « Une catastrophe, dixit Eric Hochstrasser, au Four Saint-Alpin. Les cellules commerciales vides, il y en a aussi ailleurs. Ce n'est pas propre à Châlons. Les gens s'implantent où ils peuvent, certaines enseignes ne peuvent pas venir en centre pour des raisons pratiques. Notre maire est quand même à l'écoute, il faut le reconnaître. »

Jouer sur la proximité pour mieux fidéliser

Dans la série « au beau fixe », Jeannine et Patrick Touraine ouvraient Les Sarments il y a cinq ans. « Notre chiffre est en progression d'année en année, mais on se démène pour ça. On se remet en question tous les jours et ça porte ses fruits. » Leur recette ? La qualité et la diversité des produits, des prix raisonnables, et le service. Avec le sourire, sinon rien. « Mais le contexte du centre-ville n'est pas réjouissant. Aujourd'hui, nous travaillons bien parce qu'il existe une concurrence. Si nous nous retrouvions seuls sur la place demain, les affaires ne marcheraient pas aussi bien. » La suggestion des gérants : redorer les pas de portes laissés à l'abandon avec les affiches des animations culturelles à venir. Et ça tombe plutôt bien, le F'Estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs débute ce samedi soir.
Maxime Tronche, patron du Comptoir de la Licorne, s'est d'ailleurs volontiers associé à l'événement. « Je suis le seul à accueillir des concerts en after cette année. C'est dommage. Certains se plaignent et attendent tout de la mairie et de l'UCIA. Mais on ne peut pas tout leur mettre sur le dos ! J'organise aussi des rencontres littéraires, des soirées anglaises, etc. Ça permet de fidéliser les clients, d'apporter une proximité, une valeur ajoutée. Reste à espérer un bel été. »
D'autres, comme la Brasserie République, envisagent des solutions pour palier une baisse d'activité. « Je réfléchis à une autre formule, toujours dans la restauration, précise Damien Leroy, commerçant châlonnais depuis 1978. En deux ou trois ans de temps, mon chiffre d'affaires a baissé d'environ 30 %. Les délocalisations à Saint-Memmie et les nombreuses ouvertures de kebabs et de sandwicheries ont joué. Les gens passent moins de temps à table, se baladent moins, et ont moins envie de dépenser. Par contre, l'ouverture des commerces en centre le vendredi midi est une bonne initiative. » A condition qu'elle perdure, histoire de créer l'habitude chez les consommateurs. Et d'un autre côté, s'ils passent leur pause méridienne dans les boutiques, ils ne la passeront pas dans les restaurants. Pas simple...

Sonia Legendre

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