Qui s'est exprimé en premier ?

publié le 07/09/2012
Source : Journal l'hebdo du vendredi

François Hollande a, comme prévu par le protocole, clôt la série de discours. Si des applaudissements respectueux ont accompagné sa sortie, les commentaires de l'audience témoignaient d'un brin de déception. Pas de grande annonce, mais un sérieux discours de rentrée, en mode politique générale. Le chef de l'Etat a bien évidemment souligné son passage à Châlons, non sans humour : « Je veux d'abord vous remercier pour l'accueil qui m'a été fait. Certes j'y avais pris mes habitudes, c'est la troisième fois que je viens ici, à la foire de Châlons. Mais c'est la première fois que je viens en tant que Président de la République. J'en avais fait la promesse, et ce n'était pas la plus difficile à tenir. Ici, dans ce nouveau site, ce Capitole, c'est une rencontre qui devait avoir lieu. Je serai attentif aux prochains visiteurs de la foire, aux prochaines inaugurations. Car je sais où ça m'a conduit ! » François Hollande a ensuite enchaîné sur une reconnaissance des atouts de la région Champagne-Ardenne, et n'a pas oublié les syndicats rencontrés en chemin : « Cette région a de nombreux atouts, et pourtant elle souffre. Ses salariés m'en ont parlé, de stand en stand. Ceux qui ne sont pas payés depuis des mois, comme à Sodimédical, et qui attendent tout simplement une décision de justice. Ceux qui craignent pour leur emploi, comme ceux du groupe GHM (ndlr, Groupe Hersant Media, propriétaire des journaux l'union, l'ardennais, l'Est-Eclair, Libération-Champagne dans la région). » Il fut temps ensuite de parler crise, récession, gravité exceptionnelle... « Je ne reviendrai pas sur les responsabilités d'hier et d'avant-hier. J'ai pris la responsabilité en toute connaissance de cause. Il ne s'agit plus de critiquer le passé, mais de préparer l'avenir. Ma mission, c'est de faire en sorte que ce pays prenne les bonnes décisions dans le bon ordre, dans le bon rythme. » Puis les trois mots-clés forts ont retenti : « Emploi, croissance, compétitivité. L'Etat prendra ses responsabilités, mais il ne réussira pas seul. Il y a ce qui relève des partenaires sociaux, des entreprises, des salariés. Et des territoires du pays. Le redressement ne sera possible que si tous les territoires prennent leur part. »
Finalement, le discours le plus remarqué aura été celui de François Lévy, co-président de l'UCIA. Si bien qu'à la fin, les journalistes parisiens réclamaient l'identité de l'orateur pas reconnu. L'un des patrons de la structure organisatrise de la foire, en tant qu'accueillant, avait ouvert le feu. Il a comparé la foire de Châlons à Google, « peut-être le seul endroit où l'on peut trouver autant d'informations qu'ici », s'est adressé directement à François Hollande pour lui demander de ne pas « prendre de décisions trop faciles » et a regretté l'abandon de l'exonération de charges sur les heures supplémentaires : « Comment puis-je trouver la perle rare capable de travailler une vingtaine d'heures comme commerciale, puis une dizaine d'heures comme assistante de direction, et encore une trentaine d'heures comme comptable ? » Plus globalement, il n'a pas épargné les politiques de tout poil : « Quand le chômage aura disparu, vous, vous aurez le loisir de débattre sur les dogmes. » Et une dernière pique au Président qui patientait, en jouant avec les mots, sur le slogan de campagne : « Seul le bébé mouillé aime le changement. Si vous voulez donner à nos jeunes un avenir meilleur, il est temps de changer de paradigme. »
Jean-Paul Bachy, le président de la Région, a été plus courtois avec François Hollande : « Vous avez tenu vos promesses. Ça nous change, et c'est bien. Redresser le pays ne peut s'inscrire que dans la durée, et dans un état d'esprit confiant, solidaire, ambitieux. C'est ce à quoi nous nous attachons dans cette région, et je crois, ce que vous faites pour ce pays. » René-Paul Savary, le président du Conseil général de la Marne, a rappelé qu'il était dans l'opposition au Président de la République, sur le chapitre collectivités territoriales au régime sec : « Il n'est pas sûr que nous puissions continuer à faire demain ce que nous faisions hier. En tout cas pas si rien ne change. » Enfin Bruno Bourg-Broc, le maire de Châlons et pas le dernier des républicains, bien au contraire, et pas le dernier pour un bon mot, a regretté la pluie qui accompagne (habituellement) François Hollande : « M. le Président, Mmes et MM. les ministres, d'hier et d'aujourd'hui... Dommage que vous n'ayez pas apporté la pluie avec vous, ça aurait ravi les producteurs de betteraves de la région. » Plus sérieusement, et plus solennellement, le premier magistrat châlonnais a résumé le passage du Président de la République dans sa ville : « Votre présence est exceptionnelle pour un jour qui l'est tout autant, jour d'ouverture au public du Capitole, un écrin à la dimension de Châlons. »Tout était dit.

Tony Verbicaro

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